Débuter en ski de randonnée

Ski + rando = ❤️

Les bases du ski de rando


Par Castor Fougueux

24 janvier 2019

Le ski de rando - #skimo pour les intimes - est accessible à tous. Pour beaucoup d'entre nous, il incarne l’aventure au bout des spatules, ce sentiment un peu mystique d’être un pionnier qui ride là où personne n’est encore passé. C'est aussi une approche plus douce de la montagne, plus respectueuse de l’environnement, gratuite, où le plaisir de la descente récompense l'effort de la montée. Mais si le ski de rando fait autant rêver, il doit absolument s'accompagner de précautions !

Pour accompagner vos premières sorties, on a réalisé un petit guide en collaboration avec les Arcs et avec l'aide précieuse de Romain Desbrest aka Lynx Agile.

Sommaire

  1. La reine des neiges

  2. C'est pour qui ?

  3. Comment s'équiper ?

  4. La sécurité avant tout

  5. Où et quand pratiquer ?

La reine des neiges

Par Lynx Agile

À l’origine, on a tous commencé par faire quelques virages en bord de piste, là où il y’a toujours un sapin ou deux qui traînent et où tu as l’impression pendant un instant d’être le futur Rancho...

Avec les années, tu prends de l’assurance et tu commences à passer sous le télésiège ... enfin là où ça passe, car après le pylône numéro 3 y’a ce panneau « ATTENTION FALAISE » qui fait quand même un peu flipper. Et puis l’année dernière, tu as suivi les « traces » : celles qui partent derrière le petit chalet d’alpage, en te disant que tu venais enfin de trouver le secret spot des locaux, l'aventure quoi !

Mais elle peut rapidement tourner au plan galère. 45 minutes plus tard - dont une bonne partie à remonter par cette piste de ski de fond interminable - tu te souviens qu’on t’avait pourtant dit qu’il ne fallait pas suivre... les traces.

+ À lire aussi : Ramasser des déchets dans la nature
Pas de soleil... bah pas de soleil ! © Brian du Halgouet

Le ski de rando ou le freerando te permettra d’accéder à un monde méconnu. Une région mythique dont il reste tant à découvrir et qui a l’avantage de se renouveler sans cesse. C’est aussi prendre le temps de redécouvrir la montagne, loin de la foule et des touristes pressés d'avaler des kilomètres de pistes. Prendre le temps d'observer les traces d’un lièvre, s'émerveiller au passage d’un groupe de bouquetins, découvrir des espèces moins connues comme le gypaète barbu et le tétras lyre. Loin des restaurants d’altitude, c’est aussi l’occasion d’avoir une approche plus responsable et durable de la montagne. Remonter les crêtes enneigées, atteindre les sommets, goûter à l’immensité blanche et à la solitude, puis à l’ivresse de la poudre blanche. Bienvenue dans l’univers de la Reine des Neiges.

« Liberé, delivré… La poudre a changé ma vie. » P. Doherty

C'est pour qui ?

Par Lynx Agile

Il y a plusieurs raisons de faire du ski de randonnée (pour la performance, pour le plaisir, pour le côté sauvage) et plusieurs façons de le faire (pistes balisées, hors-pistes, couloirs...). Lequel de vos amis reconnaîtrez-vous dans ces 5 profils?

Le collant Pipette

Habillé en combinaison moulante de la tête au pied, c'est le Suria Bonali du ski. Son objectif : bouffer du dénivelé et monter le plus vite possible. C’est votre copain qui va monter 12 fois les marches à Montmartre ou à Fourvière pour s'entraîner pour son prochain trail. Sauf que lui il est du genre à finir sur le podium. Sa course de prédilection : la Pierra Menta. On le reconnaît à ses skis taillés comme des allumettes, pour gagner du poids. Efficace à la montée, le style est plus aléatoire à la descente. Pas grave, pour lui le kiff c’est d'en baver !

Ses légendes : Kilian Jornet, Laetitia Roux, Mathéo Jacquemoud, Stéphane Brosse.

Quoi Strava s’est pas déclenché ? Attends viens on recommence...

Le Collé-Serré

Pour lui le temps s’est arrêté aux JO d’Albertville. Il skie toujours comme dans les années 80, genoux bien serrés. On ne sait pas trop si c’est le fuseau qui l’oblige à serrer les fesses ou si c’est la frustration de ne plus pouvoir louer de monoskis, mais son style se repère de loin. Dans la pente il aime comparer ses petits virages serrés avec les copains parce que c'est beau. Comme ils passent tous au même endroit, ça laisse beaucoup de place pour les autres. Il ne voit pas trop l'intérêt des skis paraboliques qui ont été créés pour les feignants, pire peut-être par des snowboarders. Signe particulier : il ne supportera pas que vous sortiez de la trace à la montée. Mais comme tout bon moniteur sur le déclin, il ne vous refusera jamais de partager un petit blanc sur le parking.

Ses légendes : René de l’ESF, Tonton Gilbert, Chantal de la compta.

Le Big Fat

Son truc à lui, c’est la descente. Tranquille à la montée tant qu'il peut envoyer du gros à la descente. Le plus important pour lui c'est le patin : à 120, on commence à discuter sérieusement. Faut pas lui demander de passer dans le raide, car avec ses deux flotteurs de catamarans, question précision et agilité faut vraiment que la neige soit fraîche et profonde. La neige est croûtée, cartonnée, trafolée ? Même s’il fait grand beau pas question de sortir, il préférera revoir tous les épisodes de Bon Appétit pour la 10ème fois. Avec son sac airbag, il a un faux air de pisteur, même s'il n'a jamais vraiment compris la différence entre des faces planes et des gobelets. C’est le mec qui vous dira « t’inquiète ça passe », jusqu’au moment où tu arrives à la rivière et que tu réalises qu’il va falloir sortir la machette.

« Hé attendez, il faut que je poste pour ma story Insta. #envoiedugros » Enak Gavaggio

Rancho la machine, même dans la neige trafolée ! © Brian du Halgouet

Le pente raide

Comme son nom l’indique, il ne cherche que les pentes bien raides, mais alors bien bien raides. Ah et glacées tant qu’à faire ... sinon c’est moins rigolo. Avide d’ouvertures impossibles, il aime trouver de nouvelles voies. Il pourra ainsi vous expliquer qu'il vient d‘ouvrir une face NS expo 4. Dré dans le pentu, comme on dit ! Malheureusement comme il n'y a pas grand monde qui peut le suivre pour faire un Nant-Blanc, ses vidéos sont toujours compliquées à regarder. Pas évident de cadrer quand on est sur une pente à 55° en équilibre sur un ski, tout en cherchant cette putain de broche à glace. Pour rider, pas besoin de bâton, il préfère le piolet. Ça tient mieux dans la glace. Et puis cette dégaine qui lui donne un faux air de guide, ça impressionne toujours les Japonais dans la benne de l’aiguille du midi.

Légendes : Pierre Tardivel, Alex Pittin, Paul Bonhomme, Marco Siffredi. 

5- LE SNOWBOARDER

Avec ses raquettes aux pieds, on le croirait sorti d’un film de Nicolas Vanier. Version moderne du trappeur dans le grand nord, on le reconnaît aisément avec sa planche à repasser qui bringuebale dans son dos. La raquette offre tout de même un avantage non négligeable sur les terrains accidentés qu’il franchira avec aisance, sans parler des conversions dans le raide qui sont pour lui un jeu d’enfant. Le snowboardeur bricoleur - ou celui qui a gagné au Bingo - est passé depuis peu au splitboard. La complexité du système de fixation et les innombrables pièces à manipuler nécessitent toutefois de solides compétences en mécanique. C’est souvent le gars qu’on entend gueuler au sommet lorsqu’il s’agit de remonter sa board. Par contre dans la peuf, c’est un compagnon utile qui va toujours vous offrir un bout de saucisson, coincé derrière sa fiole de génépi qu’il fait macérer lui-même.

Légendes : Marion Haerty, Xavier de le Rue, Jean Nerva, Jeremy Jones.

‍Leçon n°1 : ne pas provoquer Rancho ! © Brian du Halgouet

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Comment s'équiper ?

Maintenant que vous avez identifié vos légendes et que vous avez les cuisses qui frétillent, voici quelques conseils pour bien vous équiper !

Castor, en attendant le bus pour aller au travail. © Brian du Halgouet

La bonne tenue

Vous allez avoir froid sur le parking, chaud dès qu’il faudra monter, froid au sommet puis de nouveau chaud à la descente… un vrai cauchemar pour votre corps ! Du coup s’équiper de vêtements respirants devient primordial. On oublie le tricot de corps en coton de Mamie et on s’équipe d’un vrai tee-shirt technique, en laine Mérinos par exemple.

C'est la base du principe des 3 couches.

« Un tenue confortable et respirante à la montée, chaude à la descente. » Karl Lagerfeld

Les bons skis

Votre profil de skieur va vous aider à choisir vos skis, mais pour faire simple :

  • Si vous privilégiez les sensations à la descente, choisissez des skis larges, des fix plus résistantes (mais plus lourdes) et des chaussures plus rigides.
  • À l’inverse, si votre truc c'est la montée rapide, optez pour des skis fins, légers et des fixations poids plume.
  • Si vous êtes un snowboarder, pas de panique, il existe le splitboard, qui comme son nom l'indique, est une planche à neige qui se sépare en deux, voire en quatre pour certains modèles perfectionnés.‍

Les peaux de phoque

Les skis de randos viennent avec des peaux de phoque. C'est elles qui permettent de monter face la pente ! Dans le sens du poil, elles glissent. Dans l'autre elles bloquent ! Rassure-toi Brigitte, les peaux sont désormais en synthétique ou parfois en mohair (chèvre). 

« Les peaux de phoque sont au ski de rando ce que la moustache est à Rancho ! » Castor

Comment appelle-t-on la mère d’un phoque ? Une MotherPhocker ! 

Les bonnes fixations

Le système le plus répandu fonctionne avec un système d’inserts issus de la technologie Dynafit. L’avantage, c’est le gain en poids clairement appréciable à la montée, mais cela suppose d’utiliser des chaussures spécifiques, plus légères. Si vous avez vos propres chaussures de ski, vous pouvez aussi opter pour un système polyvalent. Des fixations et des chaussures un peu plus lourdes, mais plus de confort à la descente et des économies substantielles.

Vive le talon libre ! © Brian du Halgouet

Le matos de sécurité

La montagne est un espace naturel et parfois dangereux. Évoluer loin des pistes balisées et sécurisées nécessite de connaître et de respecter quelques règles de sécurité. La première d'entre elle est d'être équipé d'un DVA (Détecteur de Victime d’Avalanche), d'une sonde et d'une pelle. 

Le trio gagnant (Sonde + Pelle + DVA) ! © Brian du Halgouet
  • Le DVA est un équipement numérique qui émet un signal et qui permet la localisation en surface. Il fonctionne en émission comme en réception. Lorsque vous skiez, vous êtes en mode « émission » Si vous devez cherchez quelqu'un, vous basculez en mode « réception ». Le DVA se porte comme un holster de pistolet sous votre 2ème couche.
  • La sonde permet la localisation exacte et la mesure de profondeur.
  • La pelle permet de dégager la victime !

Sachez qu'il faut environ 15 minutes pour sortir une victime enfouie sous 1 mètre de neige lorsque vous disposez des trois éléments de sécurité. C’est le pelletage qui prendra le plus de temps. Au delà de 18 minutes sous la neige, les chances de survie diminuent très fortement. Elles plongent à 25% au delà de 45 minutes.

+ À lire aussi : Van Life : mode d'emploi

L’année dernière, 3 freeriders professionnels se filmaient au cours d’une sortie. Ils connaissaient les risques en montagne mais se sont pourtant fait surprendre par une avalanche. Une belle vidéo vaut mieux qu'un long discours !

Le sac à dos

Quelque soit le sac choisi - sac classique ou sac airbag -, il faut opter pour un volume conséquent (24 litres) afin de pouvoir tout faire rentrer :

  • Les peaux de phoque
  • Le DVA
  • La pelle
  • La sonde
  • Les lunettes de soleil
  • Deux paires de gants : une paire légère et une plus chaude
  • Un bonnet
  • Un masque de ski pour la descente
  • De la crème solaire
  • De l'eau
  • De quoi grignoter
  • Un pique-nique si vous comptez y passer la journée
Y a plus qu'à ! © Brian du Halgouet

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La sécurité avant tout

En vous mettant au ski de rando, votre objectif va être de quitter les pistes et d’explorer la montagne ! La montagne reste un espace naturel et donc dangereux. Voici les règles de sécurité à connaître et à respecter impérativement.

La météo

La première chose à faire lorsqu'on part en montagne, c’est de regarder la météo. Oubliez votre présentatrice météo préférée, orientez-vous plutôt vers Météo France qui édite tous les jours à 16h le BERA (le Bulletin d’Estimation du Risque d’Avalanche) et donne un indice de risque sur une échelle de 1 à 5, basé sur les relevés des stations météorologiques locales ainsi que les observations des pisteurs ou de correspondants pour chaque massif (Massif des Aravis, Massif du Mont-Blanc dans les Alpes, Haute-Bigorre dans les Pyrénées ou Cinto-Rotondo en Corse par exemple).

Le risque d'avalanche : de 1 à 5

Dans tous les cas renseignez-vous toujours auprès des professionnels sur place et recroisez les informations lorsque vous préparez votre course.

Les facteurs humains

Vous vous en doutez, nos habitudes, nos suppositions et nos motivations sont susceptibles d'altérer notre jugement en montagne.

Voici les 6 cas de figure que l'on rencontre le plus souvent :

  • L'habitude : c’est le fait de répéter la même action dans une situation qui est familière.
  • L'obstination : notre bon sens peut être altéré en cas de danger par le désir de parvenir à tout prix au but initialement fixé. « On avait dit qu’on faisait le sommet. »
  • Le désir de séduction : s’engager sur un itinéraire ou une pente, pour nous faire remarquer par une personne que l'on cherche à séduire ou un groupe dans lequel on cherche à se faire accepter.
  • L'aura de l'expert : parfois un leader informel va émerger car il dégage une impression positive qui peut conduire le groupe à lui attribuer des compétences qu’il n’a peut-être pas (le plus âgé, le local du coin, le meilleur rider, la plus grande gueule...).
  • Le positionnement social : en montagne un groupe qui se sait observé ou qui aura tout simplement croisé ou doublé un autre groupe aura davantage tendance à s’engager dans une pente à risque.
  • La sensation de rareté : le mécanisme de la rareté intervient lorsque l’on est face à une opportunité rare (c’est ma dernière journée de ski , c’est le seul jour où il fait beau, je suis le premier à faire la trace…)

Savoir renoncer

La perception du risque est une affaire subjective, selon son expérience et ses compétences. Xavier de le Rue a évidemment un peu plus de marge en montagne que son garagiste. Restez lucide et prenez les bonnes décisions selon votre niveau et l’ensemble des conditions environnantes !

Ainsi lorsque la météo tourne, qu’une personne commence à fatiguer, ou que l’on a pris du retard sur l’horaire prévu, il est surement temps de dire stop. Vous ne vous posez pas la question lorsque le gros voyant rouge s’allume sur le tableau de bord de votre petit bolide ou qu’une méchante fumée noire jaillit tout d’un coup sous le capot. Le garagiste de Xavier vous dirait qu’il est temps de se ranger sur bande d’arrêt d’urgence.

Dans notre société, le renoncement est perçu de manière négative. Dans le ski de rando, renoncer signifie ne pas atteindre le but qui a été fixé, voire faire demi-tour. C'est une décision face à laquelle tous les pratiquants de la montagne ont été un jour confrontés. Même s'il est difficile, le renoncement est incontournable en montagne. 

Aller plus loin

  • Un petit guide édité par La Chamoniarde qui rappelle les principes de sécurité de base pour ceux qui souhaitent se lancer dans le ski de rando.
  • De nombreuses associations ou organismes proposent des formations pour ceux qui souhaitent découvrir la montagne (se former au maniement d’un DVA, d’une sonde et d’une pelle, à la nivologie, et à s'orienter...)

L’ANENA - Association Nationale pour l’Étude de la Neige et des Avalanches

FFCAM - Fédération Française des Clubs Alpins et de Montagne

La Chamoniarde - Société de Prévention et de Secours en Montagne

Chacun sa pose ! Casse-dédi à la SPEM © Brian du Halgouet

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Où et quand pratiquer ?

L’immense avantage du ski de rando, c’est qu’on peut pratiquer une bonne partie de l’année ! Tant que y’a de la neige, y’a de l’espoir ! Là où vos copains des grands boulevards sont dépendants des remontées mécaniques, le skieur de rando, lui est libre. La saison s’étend facilement de septembre à juin.

Attention toutefois selon la période, on ne partira pas à la même heure et l’on adaptera ses itinéraires.

  • Au début de l’hiver et avec les températures froides, il n’est pas nécessaire de partir avant le chant du coq. Dès février, il convient en revanche d’avancer son départ car sous l’effet du soleil, le manteau neigeux évolue et peut devenir plus instable. Les jours rallongeant, les rayons du soleil frappent la neige avec plus d'intensité. Si vous cramez davantage à Pâques que pendant les fêtes de Noël, c’est pour la même raison !
  • Si vous partez sur plusieurs jours, certains refuges ont une partie non-gardée accessibles toute l’année. Sinon, pour bénéficier du confort d’un repas chaud et de la chaleur du poêle, il faudra attendre l’ouverture des refuges en mars.
  • Paradoxalement, c'est dans les stations de ski qu'il convient de commencer. La plupart d'entre elles ont crée des infrastructures dédiées (itinéraires de montée balisés, redescente sur les pistes sécurisées...)

Les Arcs proposent plusieurs itinéraires spécialement dédiés et aménagés pour profiter du ski de rando en toute sécurité.

Voici 2 exemples d'itinéraires pour aller se faire les gambettes :

Si vous souhaitez aller plus loin, voici le top 3 de Lynx Agile : des spots emblématiques pour se mettre plein d’étoiles dans les yeux :

  • Hautes-Pyrénées - L’histoire de France et le destin de Roland / Massif du Mont-Perdu : Le Taillon par la brèche de Roland depuis les Especière
  • Haute-Savoie - La beauté d’un fjord norvégien depuis la France / Massif des Bornes - La Tournette au dessus du lac d’Annecy depuis Les Clefs
  • Haute-Corse - Sur les traces du GR20 en version hivernale / Massif du Monte Rotondo - Antécime du Monte d'Oro depuis Vizzavona
Allez, ciao les marmottes, je rentre à Panam ! © Brian du Halgouet

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