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À vélo chez les taureaux

En Camargue, 3 jours de vélo entre nanas
Par 
Lucie Francini

On nous avait pourtant prévenues. En Camargue, il n’y a pas que des taureaux et des flamants roses, il y a aussi du vent et des moustiques. Pas vraiment l’idéal lorsqu’on voyage à vélo. Mais bon, on en a vu d’autres et on s’est dit qu’un petit bike trip entre copines nous ferait le plus grand bien. C’est comme ça qu’on s’est retrouvées un vendredi soir, dans le compartiment vélo d’un bon vieux TER, direction Avignon…

Via Rhôna depuis Avignon entre filles
Pause confort © Lucie Francini

Cette fois-ci, on a décidé d’utiliser des cartes papiers plutôt que nos portables pour nous repérer. En les ouvrant pour la première fois dans le train, on a eu l’impression de voir un puzzle géant d’étangs et de salins. À Avignon, on avait repéré un petit camping au sud de la ville qui nous ferait un bon point de départ pour le lendemain matin. La propriétaire, Marylène, nous attendait sur le bord de la route avec une lampe de poche « je vous ai gardé un petit emplacement cosy les filles ». Une vraie maman. Voici l’adresse. Allez-y au moins pour le petit-dej pantagruesque.

Via Rhôna à vélo entre filles
Pas encore en Camargue © Lucie Francini

Le lendemain, direction Arles. Nous ne sommes pas encore en Camargue mais dans le Parc Naturel des Alpilles. On passe par des villages en pierre, des petites routes, il fait beau et ça sent bon le Sud. On chante du Charles Trenet et on achète directement nos fruits et légumes aux maraîchers du bord de la route. Ce serait con d’avoir un coup de pompe ! L’effort pour atteindre le village des Beaux-de-Provence — perché sur un rocher — est à la hauteur de la beauté du lieu. Comme on n’est pas les seules à venir admirer le paysage, on décide de mettre le cap au sud, en direction de terres plus sauvages. Puis en fin de journée, on finit par trouver un champs un peu à l’écart de la route pour bivouaquer tranquille, en compagnie des moustiques.

Bivouac sur la Via Rhôna entre filles
Bivouaquer tranquille © Lucie Francini
« Il se mit à faire plus noir que dans le cul d’un taureau par une nuit sans lune » The Big Lebowsky
Bivouac entre filles sur la via Rhôna
Éclairer les moustiques © Lucie Francini

Le 2ème jour, on se réveille avec l’objectif d’atteindre la mer le soir, soit 80 km de vent de face. Heureusement la Camargue, c’est plat ! Après un bon petit-dej, direction Saint-Gilles, la porte d’entrée de la Camargue. Puis Aigues-Mortes — eaux mortes — une magnifique ville fortifiée. On s’arrête y goûter la fougasse, une brioche au sucre et à la fleur d’oranger. Pour rejoindre les Saintes-Maries-de-la-Mer, on décide de couper à travers les marais salants : c’est plus sauvage et comme ça on est sûres de se perdre ! On croise même un pêcheur qui nous explique qu’il ne faut pas se plaindre du vent fort car grâce à lui, il n’y a pas de moustiques… À la fin de la journée, on a envie de lui faire bouffer sa canne au pécheur : on préfère les moustiques ! Plus on avance, et plus on croise de taureaux. On évite de peu une collision avec Patrice, un ragondin.

Chevaux, camargue à vélo
Prendre le temps © Lucie Francini

Cette fois-ci, on est pommées pour de bon, et on finit par sortir les portables pour demander à Goog*e de nous sortir de là. Pas de réseau, tant pis on continue. La Camargue ça se mérite. Et les flamants roses ont l’air de bien se marrer en nous regardant passer. On a l’impression que la magie du voyage commence à opérer. A vélo, on a le temps de regarder le paysage et de discuter avec les gens. Pas de bruits de moteur. On roule à notre rythme — enfin à celui du vent. Puis on finit par retrouver une — vraie — route et on saute à bord d’un bateau pour traverser le dernier étang. Nous voilà enfin arrivées à la mer. Installation de la tente. Apéro. Coucher de soleil. Et terminé bonsoir !

Saintes-Marie-de-la-Mer, camargue à vélo.
Saintes-Maries de la Mer © Lucie Francini

Notre aventure se termine le lendemain par la visite des Saintes-Maries de la Mer. On y découvre même un super spot de surf et de kite. La prochaine fois, on reviendra avec les planches.

La Camargue :

À faire : balades à shetland, poney, ou cheval. Du surf et du kitesurf.

À manger : L’huile d’olive locale, la fougasse d’Aigues-Mortes, le vin des sables, la gardianne de taureau, le riz camarguais. 

Les villes : Grau-du-roi, Aigues-Mortes, les-Saintes-Maries-de-la-Mer, Saint-Gilles.

Flamants roses, Camargue à vélo
Flamants roses du soir © Lucie Francini
Ses bêtes :

Le taureau camarguais vit en semi-liberté et en troupeaux appelés "manades". Il n’a jamais pu être domestiqué et est utilisé pour les courses et pour sa viande.

Le « Camargue » fait partie des plus anciennes races de chevaux du monde et il est le seul de race 100% française. Il est élevé en liberté et en manade. Seul le respect de critères stricts donne le droit à l’appellation de cheval « Camargue ».

B.A.Q - Bringue Aux Questions

C’est où ?

Entre Avignon et Saintes-Maries-de-la-Mer. 

76 km, maximum 31 mètres de dénivelé.

Comment y aller ?

En train ou en voiture.

Quand y aller ?

Toute l'année. 

Comment s’équiper ?

Des bons vélos et tout ce qui fait reculer les moustiques.

Où se loger ?

A Avignon :  Le Yody en Provence

Suggestion d’itinéraire

Via Rhôna entre Avignon et Aigues-Mortes. 

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