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Chauds les marrons !

48h dans la peau d’Haroun Tazieff sur le Stromboli
Par 
Hélène Micheau

Quand j’étais gamine et qu’on me demandait « qu’est ce que tu veux faire plus tard ? », je me disais que vulcanologue c’était vraiment un truc de ouf. Je ne suis pas devenue vulcanologue, mais le rêve de pouvoir grimper un jour sur un volcan en éruption est resté.

Stromboli en éruption
Là, il est calme. Si, si... © Hélène Micheau
Dans la peau d'Haroun Tazieff
La Légende

C’est un de ces rêves que l’on dépose dans une malle et qu’on oublie dans le grenier d’une vieille maison de campagne. Bien des années plus tard, on retourne au grenier et on se dit qu’il est temps de regarder ça de plus près et de prendre les choses en main !

D’ailleurs, pas besoin d’aller à l’autre bout du monde ! Il y a complètement moyen de réaliser ce projet en mode microaventure sur un long week-end. Je me souviens de copains marins me racontant leur émotion en naviguant devant le Stromboli, dans les îles Eoliennes. Très bien, c’est là que j’irai.

Stromboli en bateau

Un volcan en activité… faut y être au bon moment. En y regardant de plus près, je découvre qu’il y a des webcams en haut du volcan. Je passe mon temps à scruter les images, à checker les forums et les prévisions.

« Et puis un jour de mai, tout semble s’aligner. Le volcan pète la forme ! »

Windguru est formel : d’ici deux jours les conditions de vent seront parfaites. Stromboli est une ile volcan, l’accès se fait en bateau et puis pas question de se prendre 30 noeuds dans les dents à 900 mètres d’altitude au milieu de la mer.

Le stromboli en Méditérranée
‍Pas (trop trop) loin !

Bref, l’aventure tant rêvée est à portée de main. 24 heures plus tard, je suis dans un avion pour Catane en Sicile, puis dans une voiture jusqu’à Milazzo d’où part l’hydroglisseur. Le ciel est bleu, pas un pet de vent, pas de clapot.

L’excitation ne cesse de monter : l’impression d’être une gamine de 5 ans la veille de Noël ou une ado qui arrive à son premier rencard.

L’ile se dessine, mais m’a préparé une mauvaise blague... Un énorme nuage est accroché au sommet ! Purée de pois et visibilité zéro garantis.

Arrivée par la mer sur le Stromboli
Entre feu et mer © Hélène Micheau

Deux jours à attendre au pied du volcan, à écouter les explosions qui viennent d’en haut sans rien voir. D’après les prévisions, le vent d’ouest se maintient pour un bon bout de temps. Bon, je reviendrai.

« 6 mois plus tard, tous les indicateurs sont au vert et le volcan est au rouge. C’est le signal ! »

Cette fois-ci, on repart à deux. C’est le début de l’hiver, l’île semble abandonnée. Le village est désert, les commerces sont fermés.

Des copains nous ont mis en relation avec Mario, né il y a bien plus de 60 ans à Stromboli d’où il n’a pas bougé. Son volcan il l’aime, fort. Il est guide, de temps en temps. Il choisit ses clients plus que les clients ne le choisissent.

 

Il déroge à tout bon programme touristique qui stipule de grimper au coucher du soleil, de rester 30 minutes là-haut pour redescendre dans la foulée. Que nenni ! Il nous invite pour un café chez lui… en attendant la nuit.

Nous partons dans le noir. Les lampes frontales servent peu, la pleine lune n’est pas loin. Il nous emmène par un chemin sur la ligne de crête, vertigineux. Les explosions dans la nuit nous guident comme un phare vers le haut du volcan.

Gravir le stromboli
Visite frontale © Hélène Micheau

À l’arrivée en haut, l’un des plus beaux spectacles que j’ai vus ! Les deux cratères en contrebas crépitent, crachent, éructent. Une alternance de grondement sourd, de jaillissement de feu, de roulis de cailloux de lave.

Trois heures sans bouger, sans parler, sans rien. Juste à regarder et écouter, assis sur le sol chaud de ce volcan posé en plein milieu de la mer.

Au sommet du stromboli
Souvenir de rêve © Hélène Micheau
« Quelques photos pour ne pas oublier combien c’est bon d’aller dénicher ses rêves au grenier ! »
 

B.A.Q - Bringue Aux Questions

Comment y aller ?

Le plus facile : via la Sicile. Prendre un avion jusqu’à Catane (Easyjet, Vueling), louer une voiture depuis Catane jusqu’a Milazzo ou tenter l’auto-stop (moins facile en Sicile). Puis hydroglisseur jusqu’a Stromboli (www.libertylines.it).

Plusieurs options : . L’option réglo-securité/ zéro- arnaque : www.magmatrek.it. Ils ne te feront pas monter en haut du Stromboli si les conditions ne sont pas bonnes.

L’autre option, c’est Maria du magasin Quota 900. Sympathisez avec elle, et elle vous dégotera LE guide qui va bien.

Comment s’équiper ?

3h/3h30 de montée raide, 1h de descente. Ça grimpe bien : prévoir un bon équipement de rando (chaussure + sac). Lampe frontale (on peut en louer/acheter sur place), affaires super chaudes (fait froid là-haut !), de quoi manger et boire.

Attention, il n’y a que quelques restos sur l’ile (rien en hors saison). Deux mini super marchés sont hors de prix. Bref, vaut mieux prendre quelques réserves en Sicile avant d’arriver !

Quand y aller ?

C’est le point dur : il faut viser une fenêtre météo sans nuage et sans vent. Et surtout pas de vent d’ouest (le vent d’ouest froid et humide tape sur les flancs chauds des cratères en activité).

Windguru

Le volcan est tout le temps en activité : a minima, il fume. Quand il est dit « en éruption », là c’est le feu d’artifice.

Pour surveiller l’activité :

https://www.volcanodiscovery.com/fr/stromboli.html

https://www.volcanodiscovery.com/fr/stromboli-videos.html

Et pour en savoir plus, il y a toujours Jamy !

 

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