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Petits sommets et grands fromages

3 jours en raquettes dans le Jura
Par 
Ronan Merot

Allez, c’est parti ! On remplit le char avec nos paquetages, nos raquettes et nos sacs de couchage et on part se frotter au froid jurassien. Depuis Paris, trois heures de reggae dans l’autoradio pour arriver les oreilles en vrac et les jambes trépignantes sur un parking désert.

Traversée du jura en raquette
bain glacé © Ronan Merot

Plongée direct dans le bain glacé, comme l’impression de descendre d’un Paris - Moscou : -15 degrés, du vent et zéro visibilité.

« Plus blanc que blanc qu’est-ce que c’est comme couleur ? » Coluche

On grimpe directement par une petite combe glacée, un vrai mur. Le zeff nous fouette et nous ralentit, la lutte est épique. On serre les dents pour finir par atteindre le refuge, vivants, mais fâchés avec les éléments. On n’est pas venus là (que) pour beurrer des sandwichs !

Le lendemain, on suit vaguement la trace de la Grande Traversée du Jura à raquette. On a beau avoir tout un bazar d’objets connectés avec nous, on réussit à se perdre comme il faut. Les enfants, quand vous partez en rando n’oubliez pas de prendre une bonne vieille boussole de daron : les GPS de nos smartphones se sont mis à nous raconter plus de conneries que Laurent Wauquiez !

Traversée nocturne du jura en raquettes
"L'heure bleue" © Ronan Merot

Dans la pénombre, on a quand même fini par trouver notre voie vers la cabane de forestier qu’on cherchait pour y passer la nuit.

Petite cabane d'hiver sur la traversée du jura
On a vu de la lumière © Ronan Merot

Il fait froid, il y a une hache et des troncs d’arbre. C’est la fameuse histoire du bois qui te réchauffe trois fois : quand tu le coupes, quand tu le rentres et quand tu le brûles !

A l'intérieur de la cabane
Dans un film de Wes Anderson © Ronan Merot

Pour faire monter la température il y a aussi le whisky, tourbé comme il le faut. Après ça, la soirée s’est vite résumée à un concours de ronflements entre trois beaux bébés. Demain, on rempile !

Randonnée en raquettes dans le jura
Du feu, du bon whisky © Ronan Merot

Effectivement, au matin c’est la même limonade. Sauf que le temps est au beau fixe malgré le baromètre qui prédisait le contraire : l’électronique ce n’est décidément plus ce que c’était ma bonne dame !

Le soleil nous rend assez ambitieux pour tenter un détour par la ville (1055 habitants, mazette !) et nous ravitailler. Pas facile un dimanche ! Là, je dois rendre hommage au Capitaine Azimut, notre chef d’expédition. Grâce à une audacieuse négociation avec un autochtone, il nous négociera le trésor des Aztecs : une énorme saucisse de Morteau et un majestueux Comté.

La traversée du Jura sous la neige en raquettes
Merci Capitaine Azimut © Ronan Merot

Faut pas traîner, la prochaine cabane est encore loin ! On y arrive à la frontale, en suivant un azimut 133 comme si on avait toute une horde de zombies radioactifs aux fesses : la perspective d’une nuit sous tente nous a donné des ailes. Le cuistot se met aux fourneaux : la saucisse grillée et le fromage nous épargnent le chili con carne lyophilisé qui avait indisposé certains des membres les plus sensibles de l’expédition par le passé.

La Traversée du Jura la nuit
Une horde de zombies radioactifs © Ronan Merot

A l’aube du troisième jour, dernière ascension éclair d’un petit sommet qui porte le nom d’un grand fromage.

Soleil sur la traversée du Jura
Dernière ascension © Ronan Merot

Ça me rappelle tout a coup que si ma famille accepte mes départs, mes lubies et mes entrainements c’est à UNE condition : que je ramène les spécialités locales !

Je n’ai pas fini de pédaler pour perdre les kilos gagnés lors de cette expédition… Le Capitaine Azimut nous a trouvé des invitations pour une course de 600 km à vélo dans le Sahara. Il y aura moins de saucisses, mais je suis sûr que l’on trouvera quelque chose à se mettre sous la dent.

Neige et soleil sur la Traversée du Jura en raquettes
Lueur de soleil + flocons de neige © Ronan Merot

B.A.Q - Bringue Aux Questions

C’est où ?

La grande traversée du Jura, 117 km entre Métabiefs et Giron.

L’accès aux pistes raquette balisées est payant.

Comment y aller ?

Il ya une gare à Métabief ;-)

Balises sur la traversée en raquettes du Jura en hiver
Voici à quoi ressemblent les balises !
Quand y aller ?

En hiver !

Comment s’équiper ?

Une bonne vieille boussole de daron, une carte IGN, des bâtons de randonnée, plusieurs couches de vêtements, un thermos.

Attention au ravitaillement, en hiver, c'est moins simple !

Où se loger ?

Les cabanes ! RDV sur Camptocamp

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