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FISH & CHOPE !

Débuter la pêche à la mouche
Par 
Thibault Liebenguth & Vianney d'Anglejan

Thibault et Vianney aiment pêcher, mais pas question de passer la journée assis sur un sceau à enquiller des Kékènes en attendant que ça morde ! Depuis quelques années, ils pratiquent la pêche à la mouche : entre la science du fouetté et les marches à contre-courant dans l’eau glacée des rivières de montagne, ils ont trouvé leur truc. 

Le poum poum short est agréé par la Fédé © Vianney d'Anglejan

LE LOUBARD DES RIVIÈRES

La truite est un animal malin. Elle se cache derrière les rochers, face au courant, à l’écart des remous. Là, elle attend que le courant fasse passer des larves d’insectes et BIM ! Elle gobe tout ce qui passe trop près de sa mâchoire. S’il n’y a pas de nymphes au self à midi, elle ne se laisse pas décourager : elle guette les insectes qui se posent sur l’eau et gobe ceux y qui stationnent trop longtemps. Ultra parano, elle change de rocher sans arrêt et est à l’écoute de la moindre vibration ennemie...

« Il m'a pris pour un lapin de six semaines Jean-Michel Paichalamoush ? »

FOUETTE COCHER !

Donc, le concept, pour duper une truite, c’est de vous poster assez loin de son rocher, de mettre un leurre plutôt crédible au bout de votre canne à pêche (une mouche), de le fouetter sur l’eau en reproduisant habilement les mouvements d’une bestiole qu’elle aime manger et enfin, de suivre les instincts paranoïaques de la bête en changeant régulièrement de spot. Tout ça, c’est une science. Une science que s’apelorio "la pêche à la mouche". 

Un petit bento pour les truites ! Le choix de la mouche dépend du cycle de vie des insectes et du moment de la journée. On dissocie la pêche en nymphe (pour imiter les mouvements d'une larve) et la pêche à la mouche sèche (pour les insectes volants). © Vianney d'Anglejan

Pour s’initier, chacun sa méthode :

Thibault : Fish after reading

« Après avoir lu “Simple Fly Fishing” d’Yvon Chouinard, le fondateur de la marque Patagonia, je me suis équipé et je suis parti dans la vallée de la Jarjatte pour un week-end bivouac avec ma famille. Il faut l’admettre, c’est une pêche technique et mes lectures ne m’ont pas suffi. J’ai sollicité les conseils de pêcheurs aguerris, notamment pour la façon de faire les noeuds et pour m’enseigner quelques mouvements.

 

Le samedi matin, je me suis levé plus tôt que tout le monde et j’ai remonté le cours de La Durance. Pendant 3h, immergé dans l’eau, je n’ai fait aucune prise. Mais, ce n’est pas grave, je n’en fait pas un objectif en soi. Ce que j’aime avec la pêche à la mouche, c’est observer la nature, les sens en alerte et dépenser de l'énergie en remontant la rivière à contre-courant. Quand je reviens de mes excursions matinales pour le réveil des enfants, je suis rincé. Mais, je me suis reconnecté avec moi-même et je suis dispo pour poursuivre des randonnées plus calmes avec eux le reste de la journée. »

“La ligne dans une branche, le rocher à escalader : il y a toujours quelque chose à faire” Thib la Bougeotte

Vianney : Fish, set et match

« J’ai appris la pêche à la mouche avec une association qui dispensait des cours gratuits sur un cours de tennis. L’idée était d’apprendre à exécuter les mouvements de fouetté. 

 

Ces mouvements varient en fonction de l’intensité du vent, du courant, des arbres… Il est nécessaire de les apprendre et de savoir dans quelle situation les effectuer. Comme au tennis, on y apprend à faire des coups droits et des revers.  

“C’est une pêche esthétique dont les mouvements respirent l’élégance.” Vianney, danseur étoile

Quand j’ai été prêt, je me suis procuré une licence de pêche et je me suis exercé sur des parcours “No kill”, où relâcher le poisson est obligatoire. La population de truites est plus abondante et les possibilités de faire une prise, plus nombreuses. C’est satisfaisant lorsqu’on débute.

"Et un, et deux et trois et quatre" © Vianney d'Anglejan

Aujourd’hui, je vois la pêche à la mouche comme une activité complémentaire de la randonnée. L’autre jour, en faisant le pique d'Estats avec un pote, j’ai repéré un petit ruisseau et j’ai sorti ma canne à pêche. 

Bon app' ! © Vianney d'Anglejan

J’ai pêché deux truites Fario et on en a fait notre repas, le soir, sur le feu. C’est une sensation incroyable de liberté que d’assurer sa propre autonomie. Mais ce que j'aime surtout, c'est la noblesse de cet art qui nous oblige à savoir lire la rivière. »

Une claque au cul et au lit ! © Vianney d'Anglejan

B.A.Q - Bringue aux Questions

OÙ S'INITIER ?

-Vianney s'est initié au Club de Pêche Sportive de Forez-Velay

- Pour les Parigots, nous avons repéré le Club de Mouche Île-de-France à Paris, sur la pelouse de Bois-de-Boulogne, en accès libre, tous les samedis et dimanches matins de 9h30 à 12h30.

-RDV p. 34 et 35 du guide Chilowé Paris pour les meilleurs spots autour de Paris !

- Comptez un ou deux ans de pratique avant de vous sentir à l'aise !

Comment s’équiper ?

- Une licence de pêche est obligatoire dans toutes les rivières de France, que vous fassiez du "No Kill" ou non.

-Une canne polyvalente de 9 pieds ou une Tankara en bambou. Comparée aux autres cannes à pêche, la canne de pêche à la mouche se doit d'être souple pour épouser le vent.

 

- Un moulinet simple

- Une soie synthétique en double fuseau n°4 ou n°5 de 27 mètres

-Un bas de ligne de 3,45m en nylon

-Une boîte à mouches allant de H14 à H18. 

-Une casquette

- Une paire de cuissardes pour patauger dans l'eau

- Une paire de lunettes polarisante pour bien voir les reflets sur l'eau

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