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Petite Californie

La Tranche-sur-Mer : le surftrip parfait à 4h30 de Paris
Par 
Alexandre Macé

Un vendredi d’automne à Paris, 16h30. C’est la 28ème fois de la journée que je regarde les prévisions de Windguru pour le weekend. Ca s’annonce parfait : la longue houle de septembre est au rendez-vous, un vent offshore — qui souffle de la terre vers la mer — va venir lisser le plan d’eau et creuser les vagues.

Petite Californie, La Tranche-sur-Mer
La longue houle de septembre © Alexandre Macé

Tout est parti d’un message de Louis sur Whatsapp la veille au soir : « on n’irait pas surfer ce weekend ? ». En 20 minutes, mon sac était fait. Direction la Petite Californie ! C’est le joli surnom donné à la station balnéaire de la Tranche-sur-Mer, au sud de la Côte de Lumière en Vendée. Le meilleur taux d’ensoleillement de la côte atlantique, des kilomètres de plage de sable fin, une longue jetée en bois et une culture surf bien imprégnée viennent nourrir l’imaginaire de ceux qui rêvent de Newport Beach, Santa Cruz et autre Santa Barbara.

Carte de la petite Californie française

Vendredi, 18h45. Porte d’Orléans, je retrouve mes deux compagnons de surftrip : Louis l’ami de toujours et son fidèle Renault Espace. On branche Waze et Ben Harper, c’est parti ! Le trafic est plutôt fluide jusqu’au péage de Saint Arnoult : dans 3h45 nous serons au coin du feu. A l’arrivée, on se dépêche d’ouvrir la maison pour rapidement succomber au sommeil, éreintés de nos semaines à 200 à l’heure.

Samedi, 8h. Pas le temps pour une grasse mat’ : on s’enfile un pain au chocolat et en route pour le « dawn patrol », le tour sur la plage au petit matin pour vérifier les conditions. La marée est encore un peu haute et les vagues cassent trop près du bord, en mode shorebreak. Ça ne nous empêche pas d’être complètement excités devant ces longues lignes de houle qui viennent se fracasser au rythme d’un métronome sur la côte sauvage déserte.

la Tranche-sur-Mer, côte sauvage déserte
"Pas de grasse mat’" © Alexandre Macé

8h30. À l’eau, c’est l’extase, Louis surf une petite planche type « Mini Simmons » et je me balade sur mon Longboard type « Noserider ». Chaque planche a un shape — une forme — différent qui affecte le style et la manière de glisser sur la vague. Plus la planche est petite — shortboard –, plus les figures sont radicales. Plus elle est grande — longboard — plus les manœuvres sont fluides. On s’enchaine les vagues seuls avec le soleil qui, timidement, fait fuir le brouillard matinal.

Au sud de la Côte de Lumière en Vendée
"À l’eau, c’est l’extase" © Alexandre Macé

11h30. Après 3 heures de surf, affamés, on se pose en terrasse au bar l’Équipage. Devant nous, la baie d’Aunis qui n’est pas sans rappeler celle de Pleasure Point, au sud de Santa Cruz. Une longue sieste sur la plage nous remet sur pied pour la prochaine session.

On enchaîne les manœuvres sur la longue vague, GoPro à la main pour immortaliser ces souvenirs magiques. Le spot sur lequel nous surfons semble sorti tout droit des Seigneurs de Dogtown, film mythique évoquant l’arrivée du skate à Venice Beach dans les années 70. En plein centre ville, il nous permet de surfer protégés du vent et le take off (démarrage sur la vague) se fait sous une jetée qui rappelle le célèbre pier de Santa Monica.

« Et oui, c’est la Calif’ à 4h30 de Paris et 1h30 de Nantes ! » Alexandre Macé

19h. Parce qu’on en a jamais assez, on gonfle les stand-up paddle et on part se balader sur le plan d’eau glassy — plat et déventé — pour apprécier les dernières lueurs du jour.

Paddle en petite californie, la Tranche-sur-Mer
glassy © Alexandre Macé

21h. C’est l’heure de la pinte et du billard à l’Equipage devant le traditionnel multiplex foot du samedi soir.

A 23h, extinction des feux : vivement dimanche !

Coucher de solei, petite Californie. France.
Extinction des feux © Alexandre Macé

Dimanche, 10h. On va pas se mentir, on est cassés de la veille. La pétanque et le 51 suivis d’un déjeuner au soleil nous revigorent un peu, jusqu’à ce que le bruit sourd des vagues vienne nous rappeler ce qu’on est venus faire dans le coin !

On enfile les combinaisons humides de la veille, le spot se remplit. Les vagues déferlent parfaitement, nous restons 3 heures dans l’eau avant de reprendre la route.

Dimanche, 23h30. Arrivée sur Paris avec du sel dans les sourcils et les batteries rechargées pour affronter une semaine de 50 heures. On était bien en Calif’ !

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