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Bivouaquer en hiver

L'art de bivouaquer l'hiver sans se les peler
Par 
Thibaut Labey

Chez Chilowé, on a été biberonnés à la microaventure et aux bivouacs dans la nature. À 12 ans, on dormait seuls dans la forêt et on avait construit plus de cabanes dans les arbres que les Castors Juniors et tout la famille de Captain Fantastic réunis.

 

Ok, c’est faux ! La première fois que j’ai dormi sous la tente en hiver ça ressemblait à ça :

 

C’était il y a 3 ans et j’étais parti passer le réveillon du 31 seul à Belle-Île-en-Mer. Je prévoyais d’en faire le tour en 4 jours avec mon matos de bivouac sur le dos. Au moment où la nuit est tombée le premier soir, il faisait 0°C tout rond à la Pointe des Poulains.

C’est qui le roi du pétrole ?! © Chilowé

J’avais bien préparé mon coup : un minimum d’affaires dans le sac et un maximum sur moi. Une logique très personnelle ! Au moment de monter ma tente, je portais une énorme doudoune, une polaire, un tee-shirt en mérinos, un collant et des grosses chaussettes. J’étais en nage.

 

Je me suis glissé directement dans mon sac de couchage sans me changer ni rien enlever. Vous connaissez la suite !

 

Depuis, je me suis un peu renseigné. Voilà les quelques conseils que j’aurais aimé avoir sous la main au moment où le dernier soleil de l’année disparaissait.

#1 Prépare ton bivouac

Arrête toi une heure avant le coucher du soleil

La lumière et les degrés disparaissent vite à cette saison. Ce sont pourtant tes meilleurs amis pour la préparation du bivouac : prends donc un peu d’avance !

 

Trouve le bon spot

A l’écart des cours d’eau ou de toute zone humide, où il fait toujours plus frais et où la condensation s’accumule davantage. Ni au fond de la vallée, ni trop en altitude, aussi abrité du vent que possible ! La cerise sur le gâteau : un endroit qui accueillera les premiers rayons du soleil pour ne pas avoir à remballer une tente humide.

Trouve le bon spot de bivouac
‍Fépâcho © youdidnotsleepthere

Change toi (surtout si tu as eu les mouillettes)

Au moment où tu t’arrêtes, l’humidité et le vent sont tes pires ennemis. Change ton petit tricot de peau et tes chaussettes si tu as transpiré dedans, vire ton pantalon s’il a pris la pluie et ajoute une couche (polaire ou doudoune) par dessus laquelle tu enfiles une veste imperméable ou un coupe-vent. Tu peux sortir directement ta frontale, ton bonnet et tes gants.

 
                                                       Fépâchô, j’aurais dû écouter Chilowé

Installe ta tente

S’il neige, tu peux isoler ta tente avec des branchages au sol. La partie la plus aérodynamique doit être face au vent et l’ouverture dos au vent, notamment si tu prévois d’utiliser un réchaud ou de faire du feu (pas trop près hein !). Si le froid a rendu le sol trop dur pour planter tes sardines, utilise des pierres pour les stabiliser et/ou lester ta tente.

 
                                                           Saperlotte, j’aurais dû écouter Chilowé

#2 Au lit !

Ta tente est montée, bravo ! Tu peux en faire la visite à tes amis de passage avant d’attaquer les choses sérieuses.

 

Isole toi du sol

Tu peux utiliser au minimum une couverture de survie (très légère et peu encombrante) et y ajouter un matelas. Son isolation thermique est indiquée par sa R-value (à partir de 3 tu peux y aller, même en hiver).

Organise ta tente

« Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place » disait ce vieil Ecossais ! Pratique, notamment si en pleine nuit tu dois rajouter une couche ou enfiler tes chaussures pour aller faire une pause technique.

Enfile ton pidji

Alors, tout(e) nu(e) ou pas ? Il paraît que la température que dégage notre corps suffit à passer la nuit au chaud dans son duvet… En fait, à partir d’un certain niveau de froid il faut la maintenir à niveau en s’habillant un minimum. Je te conseille : un collant ou un legging, des chaussettes sèches, un tee-shirt manche longue ou une polaire et un bonnet. Il vaut mieux se mettre au lit moins habillé(e) et ajouter des couches au cours de la nuit afin d’éviter de transpirer.

 

Glisse toi dans ton duvet

Vérifie la “température de confort” de ton sac de couchage, c’est celle qui te permet d’envisager ta nuit tranquilou bilou. La “température extrême” est celle qui t’expose à un risque d’hypothermie au bout de quelques heures de sommeil… S’il fait -10°C et que la température de confort de ton sac est de 0°C seulement, tu peux gagner 3°C en utilisant un sursac imperméable et jusqu’à 10°C avec un drap de soie !

Enfin, garde la bouche et le nez hors du sac : la vapeur d’eau que tu exhales risque de s’accumuler et de te refroidir.

Ça y est, tu es paré. Un dernier petit coup d’oeil aux étoiles, une claque au cul et au lit !

‍Bonne nuit ! Les visiteurs le film
‍‍Bonne nuit !

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