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Copain des bois

Deux jours pour réapprendre à vivre dans la nature
Par 
Thibaut Labey

Quand tu montes une boîte dont l’objectif est d’inciter les gens à redevenir des aventuriers, on s’attend à ce que tu incarnes un minimum le message que tu rabâches à tes lecteurs. Sans avoir le look de Bear Grylls, tu dois sans doute avoir l’air d’un mec qui sort un peu le week-end et qui sait faire deux-trois trucs avec son Opinel.

2/3 trucs avec mon schlass. Bear Grylls

Aussi, quand un samedi matin je retrouve une dizaine de membres du Club Chilowé pour aller crapahuter un week-end en forêt et que l’un d’entre eux me demande si j’arrive directement du Bus Palladium, je me dis que la journée aurait pu mieux commencer.

« Vous n’aurez pas deux fois l’occasion de faire une première bonne impression » Coco Channel
Copains des bois Chilowé
File indienne de qualité © Brian du Halgouet

Heureusement pour ce qu’il me reste d’orgueil, l’attention du groupe se porte rapidement sur Eléonore, notre guide pour le week-end. Finaliste de l’émission Wild sur M6, elle a accompagné des néophytes de la vie dans la nature à travers quelques uns des environnements les plus hostiles de la planète.

Wild

On a beau être un groupe de Parisiens, ça devrait donc bien se passer dans le petit bois des Yvelines où on s’apprête à passer deux jours en autonomie ! Notre objectif : apprendre à se débrouiller avec le minimum pour manger, boire, dormir, se chauffer et s’orienter.

Copains des bois event chilowé
Au retour, on fera le Limbo © Brian du Halgouet

Le terme de survie pour décrire ce type de stage est super à la mode, mais pas sûr qu’on soit très à l’aise de l’utiliser chez Chilowé. Il part en effet du postulat que la nature est un milieu hostile dans lequel nous et nos iphones ne sommes pas les bienvenus. C’est sans doute pas complètement faux, mais ça donne l’impression qu’on ne fait pas un truc naturel en allant passer du temps dans la forêt. Et si on disait plutôt : la vraie vie est dehors, c’est là d’où on vient. Il suffit d’apprendre deux - trois trucs pour ne pas s’y retrouver complètement à poil.

« Parlons de réapprentissage de la vie dans la nature plutôt que de survie ! » Chilowé
Copains des bois event Chilowé
Belle salle de classe © Brian du Halgouet
A l’école d’Eléonore

Ce week-end, on va donc se concentrer sur le bas de la pyramide de Maslow, qui hiérarchise nos besoins physiques et psychologiques : avoir chaud, manger, boire, faire pipi, faire dodo et ce sera déjà pas mal. Le développement personnel et le sens de la vie ce sera pour plus tard !

Pyramide de Maslow

On a beau faire partie du Club Chilowé, on peut réellement se mettre en danger quand on passe du temps dans un environnement naturel. En guise d’introduction, Eléonore nous rappelle donc la règle des 3 : il suffit de 3 secondes d’inattention ou de connerie pour se faire très très mal.

On peut survivre 3 minutes sans oxygène, 3 heures à une hypothermie ou une hyperthermie, 3 jours sans boire, 3 semaines sans manger, 3 mois sans se laver et 3 ans sans contact social agréable. Et tout ça c’est sans prendre en compte un autre postulat de base :

« Quand on a froid, faim ou qu’on est perdu, on stresse. En situation de stress, on devient con comme un lombric. » Eléonore

Ce qui a plutôt tendance à accélérer la règle des 3.

Quand on a ça en tête, on peut prioriser ses besoins et la mise en oeuvre des solutions pour y répondre. Ça permet notamment de savoir qu’il faut d’abord se concentrer sur la manière dont récupérer de l’eau potable avant d’imaginer de fabriquer son propre savon.

Copains des bois event Chilowé
"Cher journal, je kiffe." © Brian du Halgouet
10 trucs pratiques pour redevenir un Copain des Bois

On a appris beaucoup de choses en 2 jours. En voici quelques-unes dans le désordre :

. On peut faire un très bon ersatz de café à partir de racines de pissenlit.

. On peut faire du feu sans briquet ou sans allumettes grâce à un fire steel, un petit instrument magique qui produit une gerbe d’étincelles à projeter sur le meilleur allume-feu naturel : l’écorce de bouleau.

Faire du feu dans les bois Chilowé
Du feu ? Avec un tournevis ? © Brian du Halgouet

. Il faut éviter de manger quand on a soif : la digestion consomme de l’eau.

. En cas de grosse (grosse) soif, notre urine reste stérile pendant 15 minutes avant d’être contaminée par des bactéries étrangères. Ça permet de gagner 2 heures d’hydratation…

Copains des bois Chilowé event
File presque indienne © Brian du Halgouet

. Il ne faut vraiment pas faire de feu dans une forêt de résineux (pins, cyprès, sapins) : il peut se propager par leurs racines très combustibles et proches de la surface et atteindre un arbre à plusieurs dizaines de mètres de là !

. Les feuilles d’orties sont un véritable concentré de vitamines, de protéines et de sels minéraux. Pour ne pas se piquer, il faut la choper par en dessous et la rouler/ la plier pour en briser les petites aiguilles avant de les mettre dans sa bouche.

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Un cachou ? © Brian du Halgouet

. La bobologie désigne le traitement des traumastismes sans gravité, et pas l’étude d’un groupe social économiquement à droite et idéologiquement à gauche.

. Un Mont d’Or fondu au feu de camp dans du papier d’alu booste considérablement le moral des troupes.

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Mont d'or ©Brian du Halgouet

. Si on a froid au pied, mieux vaut mettre un bonnet qu’une autre paire de chaussettes : on perd beaucoup plus de chaleur par la tête !

« J’ai acheté une lampe torche. Ça éclaire mais ça essuie pas tellement. » Odile Atmoilanus

. L’air est un des meilleurs isolants contre le froid : plus on déplie son sac de couchage tôt en installant le bivouac, plus on lui laisse de temps pour se gonfler et plus on sera est au chaud au moment de s’y glisser.

Bivouac forêt copains des bois event Chilowé
Rêver © Brian du Halgouet
Tique & Tac, les rangers du risques

Nous émergeons des sous-bois dimanche en fin d’après-midi. Un dernier festin de fleurs d’acacia avant de regagner chacun ses pénates. Deux heures plus tard, la boucle WhatsApp “Copain des Bois” s’affole : au moins trois d’entre nous ont repéré des petites bestioles noires dont la tête semble plantée dans leur peau ! Ce sont des tiques, une belle sal*perie attrapée dans les hautes herbes et qui peut transmettre la maladie de Lyme.

Il faut l’enlever avec précaution à l’aide d’une pince adaptée. Pour m’occuper des miennes, je saisi le premier pied de biche venu - une pince à épiler - et je la dégage d’une pichenette. Venez vous battre les filles, je suis trop chaud !!

Non c’est pas vrai. J’y suis allé comme un malpropre, j’ai tout enlevé sauf sa tête et j’ai terminé le week-end aux urgences. C’est bon j’ai vérifié la règle des 3 secondes, elle fonctionne bien !

« D’aucun ont des aventures, je suis une aventure. » Hubert Bonisseur de La Bath
Copains des bois event Chilowé
Team des bois © Brian du Halgouet

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